Les missions du poste

Établissement : Université de Bretagne Occidentale École doctorale : École doctorale Sciences de la vie et de la santé Laboratoire de recherche : Optimisation des régulations physiologiques Direction de la thèse : Marie Agnes GIROUX-METGES Date limite de candidature : 2026-05-22T00:00:00 Selon l'OMS, un adulte sur cinq ne fait pas suffisamment d'activité physique (AP). Ce comportement inactif accroît la prévalence de maladies chroniques non transmissibles qui affectent la qualité de vie et génèrent des limitations fonctionnelles responsables d'une perte d'autonomie précoce. Parmi ces pathologies chroniques, les maladies cardiovasculaires et leurs complications sont responsables de 140000 morts chaque année en France et leur prise en charge engendre un coût annuel de 19,4 milliards d'euros (soit 10,5% des dépenses totales de la branche maladie de la Sécurité Sociale).
L'AP constitue un levier efficace pour prévenir l'installation d'un environnement métabolique et inflammatoire propice à l'apparition de pathologies cardiovasculaires. Toutefois, le manque de motivation ou les limitations physiologiques induites par la maladie compliquent l'adhésion à des programmes d'entraînement adaptés et le maintien de cette pratique sur le long terme. En conséquence, on assiste souvent à un arrêt brutal ou prématuré de l'entraînement responsable d'une désadaptation tissulaire dont la nature et l'ampleur restent à caractériser.
Les mécanismes physiologiques associés à l'inactivité prolongée sont encore peu connus. Aussi, une analyse temporelle de la désadaptation cardiovasculaire à la suite de l'interruption d'une pratique régulière d'AP permettrait d'améliorer les programmes de prise en charge en identifiant les modalités d'entraînement aux effets les plus durables.
Ce projet a pour objectif de mettre en place un modèle animal d'inactivité physique pour apprécier la cinétique de disparition des bénéfices d'une AP régulière au niveau cardiovasculaire. Il permettra de comparer la durabilité des effets de différentes modalités d'entraînement et d'appliquer chez l'humain des méthodes personnalisées d'entraînement dans un contexte de prévention secondaire.
Les activités de recherche du laboratoire ORPHY s'intéressent aux adaptations cardiovasculaires, musculaires et métaboliques, de la cellule à l'humain, aussi bien en conditions physiologiques que physiopathologiques. Au travers des thématiques Activité Physique de notre axe Sédentarité-Santé, nous recherchons les bases physiologiques de l'adaptation à l'effort pour la prévention primaire, secondaire ou tertiaire des maladies chroniques. ORPHY dispose d'une animalerie conventionnelle et de l'équipement scientifique permettant des études in vivo et in vitro . Le CPER 2021-2027 (B2S) a également permis l'émergence au laboratoire de la plateforme TRUe-O2 qui possède des systèmes d'oxymétrie considérés comme le « gold standard » pour explorer le métabolisme énergétique cellulaire (OROBOROS, Seahorse). L'équipe d'encadrement de ce projet sera constituée de Marie-Agnès Giroux-Metgès (Directrice de thèse), responsable du service des explorations fonctionnelles respiratoires du CHU de Brest, avec une expertise dans l'effet de l'activité physique sur la santé et d'Anthony Guernec (encadrant de thèse), spécialiste dans l'exploration de l'effet de l'activité physique sur les fonctions musculaires et métaboliques sur modèles animaux et cellulaires. De plus, les collaborations internes au laboratoire (Christelle Goanvec, Guillaume Gilbert et Yann Savina) nous permettent de bénéficier d'expertise dans l'exploration des fonctions cardiaques, vasculaires et métaboliques aussi bien sur modèles fondamentaux (vaisseaux et coeur isolés, échocardiographie du petit animal, composition corporelle, suivi métabolique) que cliniques (explorations fonctionnelles, cardiaque, micro et macro vasculaire). Cette équipe d'encadrement s'appuiera aussi sur des collaborations nationales dont les expertises sont focalisées sur le développement de modalités d'activité physique sur modèle murin mais aussi en clinique. Les modèles animaux d'inactivité montrent que même de brèves périodes de réduction d'AP peuvent entraîner des altérations physiologiques, notamment cardiovasculaires. Toutefois, les mécanismes fondamentaux responsables de ces altérations ne sont pas bien compris et l'impact de différents types d'entraînement sur l'ampleur et la cinétique de la désadaptation tissulaire à l'AP reste à explorer. Aujourd'hui, aucun modèle animal existant n'est satisfaisant pour étudier les conséquences de l'inactivité. Bien que pertinents scientifiquement, les modèles proposés ne respectent pas le bien-être animal. Ils sont éthiquement inacceptables et simulent partiellement ce qui se passe chez l'humain, rendant les résultats difficilement transposables.
Ce projet de thèse se déclinera en deux grandes étapes de 15 mois chacune.Etape 1 : mise en place/validation d'un modèle de rat d'inactivité physique, respectueux du bien-être animal

Les trois premiers mois seront consacrés à l'appropriation de la problématique par le ou la candidate et la validation de ses compétences en expérimentation animale (prise en main des animaux, contention, stabulation, manipulation, suivi biométrique et remplissage des registres de soin...).

Les douze mois suivants seront consacrés à la mise en oeuvre du modèle d'inactivité physique. Dans le protocole envisagé, des rats initialement inactifs deviendront actifs au cours d'un entraînement de course sur tapis roulant, calibré individuellement selon leurs capacités maximales (mesure de leur VO2max). Durant cette période d'entraînement, l'hébergement au repos des animaux aura lieu dans des cages doublant leur surface au sol pour favoriser leur activité spontanée. L'entraînement sera ensuite arrêté brusquement avec un retour dans des cages standards induisant une inactivité forcée et la désadaptation cardiovasculaire des animaux.

Un suivi longitudinal non invasif de plusieurs paramètres physiologiques (échographie cardiaque, vasculaire et musculaire, masse grasse/maigre, pression artérielle, métabolisme glucidique et lipidique, consommation d'oxygène) sera réalisé avant, pendant et après la phase d'entrainement.

Etape 2 : influence des modalités d'entraînement sur la cinétique de désadaptation cardiovasculaire

A partir du modèle validé à l'étape 1, plusieurs modalités d'entraînement physique (entraînement par intervalle, modéré continu, excentrique ou concentrique) pourront être testées afin d'identifier la combinaison d'exercices la plus conservatrice des bienfaits physiologiques de l'AP.

Ces étapes permettront d'explorer les cascades d'événements cardiovasculaires liées à l'arrêt de l'AP. La compréhension fine de ces mécanismes fondamentaux seront des outils précieux pour proposer des stratégies optimisées pour ralentir la désadaptation cardiovasculaire chez l'humain.

Etape 3 : Rédaction des articles et du manuscrit de thèse
Cette dernière étape de 6 mois sera consacrée à la rédaction de thèse et d'articles scientifiques et permettra également de finir les analyses en cours mais il ne sera pas prévu d'expérimentations supplémentaires, ces étapes étant très chronophages.

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