Les missions du poste

Établissement : Université de Bretagne Occidentale École doctorale : École doctorale Espaces, Sociétés, Civilisations Laboratoire de recherche : Centre de Recherche Bretonne et Celtique Direction de la thèse : Ronan CALVEZ Date limite de candidature : 2026-05-17T00:00:00
Cette thèse vise à mettre en lumière et à comparer deux autrices, Anjela Duval (1901-1985) et Kate Roberts (1891-1985), la première écrivant en breton, la seconde en gallois. Leur notoriété repose davantage sur leur engagement que sur une diffusion large de leurs écrits : avec pas moins de cent-onze odonymes à son nom et plusieurs statues à son effigie, Anjela Duval est l'autrice la plus consacrée en Bretagne ; quant à Kate Roberts, reconnue comme « Brenhines ein llên » (« Reine de notre littérature »), elle reste également dans la mémoire collective comme éminente figure féminine du Plaid Cymru (Parti nationaliste gallois).

Ce projet vise à réactualiser les travaux sur ces deux écrivaines largement reconnues au pays de Galles et en Bretagne, de mettre en lumière des aspects jusqu'ici peu étudiés de leur parcours et de leur oeuvre, et d'ouvrir de nouvelles pistes de recherche en littérature comparée (rapport à la ruralité, à la nature, à l'Autre, littérature et engagement politique...) au moyen d'une analyse textuelle non seulement des oeuvres des deux autrices, mais également de leurs correspondances avec d'autres figures des mouvements breton et gallois.

Les deux questions qui sous-tendent cette recherche comparatiste sont donc les suivantes : comment et pourquoi Anjela Duval et Kate Roberts ont-elles écrit ce qu'elles ont écrit ? Quelles sont les représentations accolées à leur personne et à leur oeuvre ?

Le soutien scientifique et matériel du CRBC et sa biliothèque est essentiel dans le cadre de ce projet.

Ce doctorat s'inscrit pleinement dans les axes de recherche du CRBC, en particulier l'axe 1 (« Instruments et figures de l'identité »), ainsi que la base de données PRELIB sur les acteurs de la littérature en langue bretonne. En ce qui concerne le CAWCS, ce projet de doctorat peut s'inscrire dans deux programmes autour de la littérature en langue galloise en lien avec la traduction et l'édition, dirigés par Elin Haf Gruffydd Jones : le Welsh Literature Exchange et Literature Across Frontiers .

Ce projet de doctorat pose un regard croisé sur deux autrices, en Bretagne et au pays de Galles, et il bénéficie d'une co-direction internationale avec Heather Williams, membre du CAWCS et de l'University of Wales Trinity Saint David. Cette thèse bénéficiera également du concours actif de Mannaig Thomas, maîtresse de conférences en langue et littérature bretonnes, membre du CRBC. Les trois encadrants entretiennent respectivement des contacts scientifiques privilégiés avec des collègues non seulement gallois, mais également irlandais, ce qui permettra des partenariats fructueux, une double expertise et une intégration efficace dans les différentes instances de recherche, tant au niveau local et régional, qu'au niveau national et international.

Seule autrice de langue bretonne à avoir bénéficié de la publication de ses oeuvres complètes ( Oberenn glok , Mignoned Anjela, 2013), l'état de la recherche sur l'oeuvre d'Anjela Duval est inversement proportionnel à la reconnaissance dont elle bénéficie dans le grand public : hormis quelques articles publiés en guise d'introduction à ses oeuvres complètes, un mémoire étudie en partie son oeuvre littéraire (M. Diouris, Anjela Duval, une histoire de deuils impossibles , UBO, 2010) ; un autre sa psychologie (G. Le Berre, Anjela Duval, La littérature bretonne comme thérapie , UBO, 2014) ; enfin, une thèse la met en perspective avec d'autres autrices, analysant la place des femmes dans la littérature bretonne (M. Déniel, La littérature de langue bretonne à l'épreuve du genre : analyse littéraire et sociolittéraire de la place de l'image des femmes de 1898 à 1980 , UBO, 2021). En revanche, aucune thèse ne porte sur l'ensemble de ses oeuvres et n'en propose une analyse littéraire.

Kate Roberts bénéficie également d'une vaste reconnaissance, se retrouvant fréquemment au programme du brevet ou du baccalauréat de gallois. Pour autant, peu d'universitaires se sont penchés sur son oeuvre. La professeure Katie Gramich est la pionnière des études sur Kate Roberts, ayant traduit en anglais une grande partie de ses oeuvres, et lui ayant consacré un livre dans la collection Writers of Wales. Une thèse propose une étude comparée entre Kate Roberts et Virginia Woolf (Francesca Rhydderch, Cultural Translations: A Comparative Critical Study of Kate Roberts and Virginia Woolf , Aberystwyth, 2000) ; le mémoire de DEA (non publié) de Carys Lewis ( Trois auteurs en quête d'un peuple : Kate Roberts, Caradoc Evans, Raymond Williams , UBO, 1993) envisage l'oeuvre de l'autrice du point de vue de la représentation des Gallois.

Le fil conducteur de cette recherche est une comparaison de la manière dont, de part et d'autre de la Manche, deux femmes écrivent leur pays au moyen d'une langue ne bénéficiant pas d'un statut élevé, faisant de la langue un instrument de lutte culturelle par la littérature. La thèse vise également à comprendre la manière dont les deux autrices sont érigées au rang de figures régionales ou nationales, notamment par le biais de la valeur attribuée à la littérature dans ce domaine.

Postuler sur le site du recruteur

Ces offres pourraient aussi vous correspondre.