Thèse Resisco2 - Resilience Sociale Compétences Collectives et Perceptions du Risque de Submersion H/F - Doctorat.Gouv.Fr
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- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université de Bretagne Occidentale École doctorale : École doctorale Espaces, Sociétés, Civilisations Laboratoire de recherche : Géoarchitecture, Territoires, Urbanisation, Biodiversité, Environnement Direction de la thèse : Lionel PRIGENT Date limite de candidature : 2026-05-17T00:00:00
Malgré une géographie partiellement protectrice, les littoraux bretons restent exposés à des risques climatiques croissants (submersion, érosion, tempêtes), aggravés par le changement climatique. Souvent, les mesures de prévention post-Xynthia ont privilégié la protection technique au détriment des tensions sociales, des conflits d'usage et des impacts sur le bien-être des populations. Cette thèse propose d'analyser comment un nouveau paradigme de gestion des risques littoraux-fondé sur l'appropriation, la socialisation et la mobilisation des connaissances-peut renforcer une antifragilité territoriale et sociale, tout en améliorant le bien-être des populations. L'étude s'appuie sur un diagnostic comparatif de territoires bretons (Vallée de l'Odet, Saint-Malo, La Laika, Rade de Brest) et interroge les écarts entre risque vécu, perçu et gouverné.
Le projet est intégré aux activités du laboratoire Géoarchitecture. Il bénéficie donc des locaux et des moyens du laboratoire.
Le laboratoire Géoarchitecture développe une approche pluridisciplinaire, réunissant des chercheurs en aménagement, urbanisme, écologie, géographie, histoire, sociologie et économie. Il compte actuellement 20 membres titulaires, 8 doctorants, 1 post-doctorant, 3 ingénieurs d'études. Ses travaux portent sur les dynamiques territoriales - urbaines, rurales, naturelles et semi-naturelles - en analysant les pratiques (logement, commerce, tourisme), la production des formes d'urbanisation et les représentations associées. Ces recherches visent à répondre aux enjeux contemporains de durabilité, de préservation de la biodiversité et d'impacts sociétaux, tout en intégrant les défis économiques.
Une attention particulière est accordée aux transformations spatiales, aux doctrines et théories qui les sous-tendent, ainsi qu'aux écarts entre la production de savoirs, les expérimentations et les paysages produits. Le laboratoire a élaboré des outils d'observation, d'analyse et d'évaluation, tout en étudiant les contextes juridiques, historiques, sociologiques, économiques et environnementaux. Ces analyses permettent de comprendre les évolutions des aménagements, les liens entre théories et réalisations, ainsi que les décalages entre réception, usages et identités territoriales.
De façon continue, les recherches intègrent les enjeux écologiques et climatiques, en évaluant l'impact des aménagements sur les écosystèmes. À cet égard, le sujet de thèse proposé s'inscrit donc dans la continuité d'une réflexion qui relie les questions environnementales et écologiques et les questions d'aménagement et d'habitabilité des territoires, en éclairant les contraintes d'adaptation et les effets des multiples transitions. Plus largement, la thèse participe pour partie d'un nouvel axe de recherches du laboratoire qui envisage les processus d'urbanisation et d'aménagement d'une part, les conditions de mesure de santé, de santé publique et de bien-être.
Le Directeur pressenti, Lionel Prigent, est Professeur, Urbaniste et économiste. Il aborde de plusieurs manières la relation entre les principes, les intentions et les normes d'une part, les réalisations et leur appropriation d'autre part. Responsable du consortium de recherche de Brest pour le programme national POPSU, il analyse les relations ambivalentes aux territoires et les effets des transitions. Plus largement, il travaille sur les stratégies de développement des territoires qui reposent sur leurs caractéristiques et actifs propres, comme le patrimoine, le paysage ou les espaces naturels (dont les espaces littoraux), mobilisées dans des pratiques marchandes (commerce, tourisme) ou des discours qui miment les pratiques marchandes (marketing territorial). Il s'intéresse donc à la relation entre les discours, les théories qui les inspirent, les normes appliquées et les pratiques observées.
Références
Implication du laboratoire dans le programme ANR Cocorisco (2011-2015), dirigé par Alain Hénaff sur la gestion des risques d'érosion et de submersion marine
FALAISES BRETAGNE - Dynamique et conservation des paysages végétaux des falaises maritimes de Bretagne, programme FEDER (2025-2028), dirigé par Erwan Glemarrec (laboratoire géoarchitecture)
Activités récentes sur le sujet
Lionel Prigent, « Bretagne. Paradoxes de l'aménagement littoral ». Communication invitée en session introductive. Colloque Organic Cities, organisé par Sciences Po Rennes, Villes vivantes et l'OFCE, Rennes, 18 et 19 septembre 2025.
Introduction générale et problématisation de l'atelier national « Gouvernance et territorialisation de la transition écologique » du programme POPSU Transitions, puis animation d'une table ronde, Brest, 13 janvier 2026
Introduction, conclusion, animation du séminaire POPSU Transition, Plateforme de Brest, axe 4 « Brest, Capitale des océans », Brest, 24 novembre 2025
Argumentaire scientifique : Quel paradigme pour la gestion des risques littoraux en Bretagne ?
Problématique : En quoi l'augmentation des risques littoraux doit-elle non seulement modifier les plans d'aménagement, mais aussi induire un nouveau paradigme pour leur gestion par les autorités locales et la population ?
Les territoires littoraux bretons, bien que partiellement protégés par leur géographie, sont de plus en plus exposés à des aléas climatiques (submersion marine, érosion, tempêtes), amplifiés par le changement climatique (Hénique, 2010 ; Hénaff, 2014). La tempête Xynthia a révélé les limites des mécanismes de prévention et de protection, souvent centrés sur des approches techniques, au détriment des tensions sociales, des conflits d'usage et du bien-être des populations (Ritschard, 2020). Ce projet de thèse interroge ainsi les écarts entre risque vécu, risque perçu et risque gouverné, et propose d'analyser comment un nouveau modèle de gestion des risques littoraux - fondé sur l'appropriation, la socialisation et la mobilisation des connaissances - peut renforcer la résilience territoriale et sociale, tout en améliorant la qualité de vie des populations exposées (Meur-Ferec, 2020).
Cette problématique s'inscrit dans un contexte où les politiques d'adaptation et d'aménagement doivent intégrer les savoirs locaux, les enjeux de gouvernance et les dimensions sociales, psychologiques et économiques, notamment dans les espaces portuaires comme celui de Brest, où les projets d'aménagement futurs (port de service, plateforme multimodale, réparation navale durable) peuvent devenir des facteurs de vulnérabilité (CETMEF).
Méthodologie
Diagnostic et observation des risques
Approche diagnostic : Sélection des sites les plus sensibles (Saint-Malo, Odet, Laika, Brest) et description des situations via des outils cartographiques et descriptifs.
Observation des risques et des réponses : Analyse des aléas, des mesures de protection et de leurs effets induits sur les aménagements et les populations.
Méthodes qualitatives et participatives
Recensement des acteurs : Identification des parties prenantes (associations, habitants, élus, acteurs économiques et touristiques, représentants de l'État).
Analyse économique : Évaluation des conséquences liées à l'évolution des risques (tourisme, résidences secondaires, pêche professionnelle).
Méthodes participatives :
Entretiens semi-directifs et non directifs : Exploration des perceptions, expériences et logiques d'action des acteurs (Pin, 2023).
Ateliers de diagnostic partagé : Construction d'une compréhension collective des aléas, enjeux et vulnérabilités (Mas et al., 2020).
Cartographie participative : Croisement des savoirs experts et d'usage pour localiser les zones perçues comme à risque (Perherin, 2017 ; Ritschard et al., 2020).
Résultats attendus
Les résultats visent à identifier des leviers d'action pour une gestion intégrée des risques, articulant adaptation climatique, résilience sociale et bien-être des populations. Ils permettront également de proposer des outils directement mobilisables par les collectivités, en s'appuyant sur les retours d'expérience du projet Litto'Risques et des guides méthodologiques récents (Finistère, 2023 ; Cerema, 2024).
Références du texte
Jean-Marie Cariolet, Serge Suanez, Catherine Meur-Férec et Annaïg Postec, 2012, Cartographie de l'aléa de submersion marine et PPR : éléments de réflexion à partir de l'analyse de la commune de Guissény (Finistère, France), Cybergeo, 25p.
CEPRI, 2015, Comment saisir les opérations de renouvellement urbain pour réduire la vulnérabilité des territoires inondables face au risque d'inondation ?, CEPRI, 132p.
Cerema. (2024). Risques littoraux : de la prise de conscience à la gestion des risques dans les territoires.
CETMEF, 2011, Préconisation pour le recensement des ouvrages et structures de défense contre les aléas côtiers, Notice méthodologique, CETMEF, 61p.
Cour des comptes. (2024). La gestion du trait de côte en période de changement climatique.
Axel Creach, 2019, Tempête Xynthia à la Faute-sur-Mer : une analyse a posteriori de l'impact des « zones noires » et des alternatives possibles, Norois, Environnement, aménagement, société, 22p.
Adrien Duprielle, Hélène Rey-Valette, Samuel Robert, Laura Michel, 2025, Quels leviers pour des trajectoires d'adaptation aux risques côtiers ? L'exemple de la région Occitanie, OpenEditionJournals, 20p.
François Gerard et Michel Lang, 2019, Xynthia : analyse des causes et des conséquences de la catastrophe, HAL openscience, 9p.
Arnaud Guéguen et Martin Renard, 2017, La faisabilité d'une relocalisation des biens et activités face aux risques littoraux à Lacanau, Sciences Eaux & Territoires, 6 p.
Julien Hénique, 2010, Impact du changement climatique sur les risques littoraux en NPDC, VertigO, 3p.
A. Hénaff (Ed.) et M. Phillippe, 2014, Gestion des risques d'érosion et de submersion marines, guide méthodologique, Projet Cocorisco, 156p.
Marie-Laure Lambert, 2015, Droit des risques littoraux et changement climatique : connaissance, anticipation et innovation, VertigO, 6 p.
Marie-Laure Lambert, Aurélie Arnaux et Cécilia Claeys, 2019, Justice climatique et démocratie environnementale - Les inégalités d'accès au droit des populations vulnérables aux risques littoraux - quelques éléments de comparaison, VertigO, 32p.
Emmanuel Mas, Estelle Sbinné et Frédéric Haumonté, 2020, Le diagnostic partagé : comprendre responsabiliser agir, La Boetie Partners, 48p.
Catherine Meur-Ferec, Iwan Le Berre, Lucie Cocquempot, Elisabeth Guillou, Alain Henaff, Thibaud Lami, Nicolas Le Dantec, Pauline Letortu, Manuelle Phillippe et Camille Noûs, 2020, Une méthode de suivi de la vulnérabilité systémique à l'érosion et la submersion marines, Développement durable & territoires, 24p.
Ministère de la Transition écologique. (2024). Chiffres clés de la mer et du littoral - Édition 2024.
Pays d'Iroise. (2024). Stratégie de gestion des risques littoraux.
Céline Perherin, 2017, La concertation lors de la cartographie des aléas littoraux dans les plans de prévention des risques : enjeu majeur de prévention, thèse, Université de Bretagne Occidentale, 376p.
Clément Pin, 2023, L'entretien semi-directif, HAL open science, 7p.
Béatrice Quenault, 2015, La résilience comme injonction politique post-Xynthia, HALopenscience, 20p.
Lucille Ritschard, Annaig Oiry, Nicole Roux, 2020, Pour une valorisation des savoirs d'usage face aux risques côtiers dans un contexte de changement climatique. Application au territoire du Parc Naturel Régional d'Armorique (Finistère, France), Norois Environnement, aménagement, société, 16p.
Robert S., Schleyer-Lindenmann A., 2021, Perception des risques côtiers et de l'adaptation par les acteurs territoriaux de Provence-Alpes-Côtes d'Azur, ESPACE UMR 7300, 69p.