Les missions du poste

Établissement : Université de Bretagne Occidentale École doctorale : École doctorale Espaces, Sociétés, Civilisations Laboratoire de recherche : Géoarchitecture, Territoires, Urbanisation, Biodiversité, Environnement Direction de la thèse : Edna HERNANDEZ GONZALEZ Date limite de candidature : 2026-05-17T00:00:00
Bien que la nuit se soit consolidée depuis les années 2010 comme un objet d'étude interdisciplinaire à travers lequel analyser divers phénomènes urbains, elle demeure inexplorée au Pérou. Notre projet de thèse doctorale souhaite saisir la dimension nocturne pour offrir de nouvelles compréhensions sur la métropole de Lima-Callao, alors que les études urbaines péruviennes élargissent le regard qu'elles tournent depuis les dix dernières années vers le thème des centralités et les classes socio-économiques aisées.

À travers une méthodologie mixte en sciences humaines et sociales, nous assimilerons ces pratiques à des modalités socio-spatiales spécifiques par lesquelles observer comment les individus se territorialisent dans les espaces urbains, selon des dynamiques locales et globales qui produisent des mobilités physiques et projetées particulières.
Concernant les ressources matérielles et humaines, la localisation principale du doctorant sera l'Institut Français d'Études Andines (IFEA) à Lima, sous réserve de l'obtention du financement d'un contrat doctoral de l'Institut des Amériques demandé en mars 2026 (réponse attendue fin mai). Lors de ses séjours de travail à Brest, il aura accès aux ressources matérielles du laboratoire Géoarchitecture, mais aussi à celles du laboratoire LAVUE à Paris. Les échanges scientifiques seront assurés par des groupes de recherche actifs, soucieux de l'intégration des doctorants. Le Pérou tiendra en 2026 ses prochaines élections générales dans un contexte d'accentuation de l'insécurité urbaine, qui a converti le noctambulisme festif en pratique à risque. Si la hausse de la criminalité affecte surtout les quartiers populaires de la métropole de Lima-Callao, elle est moindre dans les espaces balnéaires huppés situés au sud de la capitale péruvienne, dans lesquels l'activité des festivals et des discothèques bat son plein pendant la saison estivale. Malgré ces inégalités territoriales face au « droit à la nuit », les autorités liméniennes peinent à reconnaître les temporalités nocturnes comme un espace-temps à aménager.
Depuis les dix dernières années, une production croissante de travaux sur les centralités et les groupes socio-économiques supérieurs proposent de déplacer le regard vers de nouveaux thèmes de recherche, afin d'analyser la fragmentation sociale, culturelle et économique qui structure la capitale péruvienne, articulée par de profondes inégalités socio-spatiales et raciales issues de la colonisation espagnole (Rosas Lauro, 2024), et qui ont produit une aire métropolitaine centraliste et ségréguée (Rodríguez Rivero, Desmaison Estrada & Gallardo Jara, 2023). En prolongation de ces travaux, il nous semble pertinent d'approfondir la compréhension de la segmentation urbaine de Lima-Callao depuis son centro plutôt que de ses conos [1] , à travers l'étude des pratiques festives.

Au sein d'une forme urbaine fondée sur des logiques coloniales et déterminée par un aménagement néolibéral, nous proposons ainsi une approche temporelle qui s'intéressera aux pratiques festives nocturnes de groupes non-marginalisés qui tendent à se constituer de certaines factions de la classe dominante et de la classe intermédiaire (Rentería & Zárate, 2022), lesquelles se spatialisent surtout au sein des districts de « Lima Centre » . En quoi ces pratiques contribuent-elles à la structuration de territoires festifs, permettant d'explorer comment ces groupes se situent et se déplacent dans l'environnement urbain ? Dans quelle mesure se rapportent-elles aux logiques inégalitaires et ségrégatives propres à l'aménagement de la métropole de Lima-Callao ?

Postuler sur le site du recruteur

Ces offres pourraient aussi vous correspondre.