Les missions du poste

Établissement : Université de Tours École doctorale : Santé, Sciences Biologiques et Chimie du Vivant - SSBCV Laboratoire de recherche : Institut de Recherche sur la Biologie de l'Insecte Direction de la thèse : Charlotte LECUREUIL ORCID 0000000273399185 Début de la thèse : 2026-09-15 Date limite de candidature : 2026-06-15T23:59:59 La filière arboricole de la région Centre-Val de Loire est confrontée à des défis majeurs liés à l'augmentation des pressions exercées par les ravageurs des vergers de pommiers et de poiriers. Aux espèces historiquement problématiques, telles que le carpocapse (Cydia pomonella) et le psylle du poirier (Cacopsylla pyri), s'ajoutent désormais des ravageurs invasifs comme Drosophila suzukii et Contarinia pyrivora. Dans le même temps, les restrictions croissantes sur l'usage des produits phytopharmaceutiques et l'émergence de résistances renforcent la nécessité de développer des stratégies de protection plus durables et respectueuses de l'environnement.

Dans ce contexte, cette thèse vise à évaluer le potentiel du perce-oreille européen (Forficula auricularia) comme agent de lutte biologique par augmentation en verger. Prédateur généraliste naturellement présent dans les systèmes arboricoles, il pourrait contribuer à la régulation de plusieurs ravageurs d'intérêt économique. Toutefois, son efficacité reste encore insuffisamment comprise, limitant son intégration dans les stratégies de biocontrôle.

Le projet s'appuie sur une approche interdisciplinaire à l'interface de l'écologie fonctionnelle, de la biologie des interactions, de l'évolution et de l'agronomie. Trois axes de recherche structurent les travaux. Le premier consiste à caractériser les interactions trophiques du perce-oreille et à quantifier les services écosystémiques qu'il fournit. Grâce à des observations de terrain, des analyses morphologiques et des approches moléculaires de métabarcoding, le régime alimentaire de l'espèce sera étudié afin d'identifier les conditions favorisant son efficacité contre les ravageurs. Le deuxième axe porte sur la compréhension du cycle de vie de l'insecte et le développement de protocoles d'élevage fiables. Une attention particulière sera accordée aux mécanismes de synchronisation du développement afin de permettre, à terme, la mise en place de lâchers ciblés en verger. Enfin, le troisième axe évaluera l'impact du changement climatique sur les performances biologiques du prédateur, notamment ses capacités de prédation, son activité et ses besoins énergétiques en fonction des variations de température.

La thèse sera réalisée à l'Institut de Recherche sur la Biologie de l'Insecte (IRBI, CNRS-Université de Tours) dans le cadre du projet AUXIFORFI (2026-2029), en partenariat étroit avec le CTIFL et d'autres acteurs scientifiques et techniques de la filière arboricole. Les travaux combineront campagnes d'échantillonnage en vergers expérimentaux, expérimentations en laboratoire, élevage d'insectes, analyses moléculaires et traitements statistiques de données complexes.

Les résultats attendus permettront de mieux comprendre le rôle écologique du perce-oreille dans les vergers et d'évaluer son potentiel comme auxiliaire de culture. Ils contribueront au développement de solutions de biocontrôle innovantes, adaptées aux enjeux actuels de l'arboriculture et aux contraintes liées à la transition agroécologique. La production de pommes et de poires en région Centre-Val de Loire constitue une filière agricole clé, aujourd'hui à un tournant majeur. Face à l'intensification des pressions biotiques, les vergers doivent désormais composer à la fois avec des ravageurs historiques - tels que le carpocapse (Cydia pomonella) et le psylle du poirier (Cacopsylla pyri) - et avec l'arrivée récente d'espèces invasives comme Drosophila suzukii et Contarinia pyrivora. Ces dynamiques entraînent des pertes significatives de rendement et de qualité, tout en remettant en question la durabilité des systèmes de production. Parallèlement, la réduction de l'usage des produits phytopharmaceutiques - sous l'effet combiné des contraintes réglementaires et de l'évolution des résistances - impose une transformation profonde des stratégies de protection des cultures.
Dans ce contexte, l'identification de solutions agroécologiques innovantes, à la fois efficaces, robustes et transférables aux filières, représente un enjeu scientifique et sociétal de premier plan. Ce projet de thèse s'inscrit au coeur de ces défis et propose d'explorer une voie encore largement sous-exploitée : la mobilisation d'un prédateur indigène, le perce-oreille européen (Forficula auricularia), comme agent de lutte biologique par augmentation. Généraliste, abondant et naturellement présent dans les vergers, cet insecte pourrait jouer un rôle clé dans la régulation des communautés de ravageurs - à condition de mieux comprendre son écologie, ses interactions trophiques et les déterminants de son efficacité. À l'interface entre écologie fonctionnelle, évolution, biologie des interactions et agronomie, ce projet vise à développer une compréhension mécanistique du rôle de F. auricularia en verger, tout en posant les bases opérationnelles de son utilisation en biocontrôle. En combinant approches expérimentales, outils moléculaires et écologie appliquée, cette thèse offrira une formation complète et interdisciplinaire, avec des perspectives à la fois académiques et opérationnelles. Les résultats attendus contribueront à une meilleure compréhension du rôle des auxiliaires de culture et à la conception de stratégies de biocontrôle innovantes, adaptées aux enjeux actuels de l'arboriculture.

Le profil recherché

Le candidat ou la candidate devra être titulaire d'un Master en biologie ou d'un diplôme équivalent obtenu avant août 2026. Une formation en écologie et/ou évolution est requise, ainsi qu'un intérêt marqué pour le travail de terrain. Une expérience en outils moléculaires, notamment en métabarcoding, constituerait un atout sans être indispensable.
Le projet implique :
- des campagnes de terrain régulières en vergers expérimentaux, dépendantes des conditions climatiques et des dynamiques saisonnières des populations d'insectes ;
- la manipulation d'organismes vivants (ravageurs et auxiliaires), nécessitant rigueur expérimentale et respect des protocoles ;
- la gestion d'une variabilité biologique importante, pouvant nécessiter des ajustements expérimentaux ;
- la mise en oeuvre d'analyses moléculaires et le traitement de jeux de données complexes.
Le travail nécessitera également des déplacements entre les parcelles expérimentales et le laboratoire. En conséquence, une bonne mobilité est indispensable (permis de conduire et véhicule personnel requis).
Enfin, le projet s'inscrit dans un cadre collaboratif impliquant des partenaires non académiques (notamment acteurs de la filière arboricole), ce qui implique une capacité à interagir avec différents interlocuteurs, à s'adapter à des contraintes opérationnelles et à respecter des calendriers liés aux activités agricoles.

Postuler sur le site du recruteur

Ces offres pourraient aussi vous correspondre.

L’emploi par métier dans le domaine Biotechnologie à Tours