Les missions du poste

Établissement : Université de Tours École doctorale : Humanités et Langues - H&L Laboratoire de recherche : Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance Direction de la thèse : Concetta PENNUTO ORCID 0009000907750078 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-09T23:59:59 En 1486, les inquisiteurs Jacques Sprenger et Henry Institoris publient le Malleus maleficarum, dont la diffusion en Europe accélère la chasse aux sorcières et stigmatise les figures marginales. Au XVIe siècle, ce manuel utilisé par inquisiteurs et juges lors des procès en sorcellerie fournit des outils inquisitoriaux censés endiguer les hérésies durant la Réforme. Le Malleus participe à la transmission des théories démonologiques de théologiens et philosophes, alors que les médecins et les artistes de la Renaissance s'intéressent aux sorcières, sorciers et possédés. Si d'après la tradition chrétienne, la possession démoniaque fait l'objet d'une délivrance par exorcisme, certains médecins la décrivent par les signes des maladies cérébrales et leurs manifestations physiques. Ces praticiens sont souvent convoqués lors des procès pour expertiser les accusés de sorcellerie ou de possession. Les débats sur le pouvoir des entités démoniaques se multiplient entre juristes et médecins, comme le montre la réponse du jurisconsulte Jean Bodin au médecin Jean Wier.
Les textes érudits et les procès-verbaux sont des témoins essentiels des descriptions des crises de possession. Les représentations de la possession démoniaque circulent dans les mondes religieux et laïques et investissent l'imaginaire des commanditaires et des artistes. Dans la tradition iconographique médiévale, le possédé est identifiable par sa posture en prière devant le Christ ou les saints et par le démon qui sort de son corps. Entre le XIIe et le XIVe siècle, ce thème se comprend dans une logique de fortification de la foi chrétienne au moyen de la représentation de sujets néo-testamentaires et du développement de l'iconographie de la vie des saints. Mais à partir du XVe siècle et de la diffusion de nouvelles théories religieuses entourant les entités occultes, des mutations stylistiques et iconographiques s'opèrent. L'exorcisme du possédé passif devient celui d'une personne saisie de convulsions et de désordres physiques. La relation étroite entre cultures savantes et cultures visuelles donne naissance aux représentations des procès et des conjurations publiques, sur les supports privilégiés de diffusion des images que sont les gravures.
Depuis les années 1990, les travaux réalisés sur les entités diaboliques ont mis l'accent sur le démon, la sorcière et le fou. L'exposition Figures du fou, Du Moyen Âge aux Romantiques (Louvre, 2024-2025) dévoile un large corpus iconographique autour de ces sujets. Il subsiste néanmoins un vide historiographique sur la relation entre histoire des sciences et histoire de l'art sur la possession démoniaque et le possédé, bien que les recherches de Rafael Mandressi et Alfredo Perifano ouvrent la voie aux études croisées entre ces deux disciplines. Ainsi, des recherches approfondies sur la connexion entre médecine et arts visuels sur la possession démoniaque dans l'espace européen à la Renaissance restent à réaliser.
L'objectif de la thèse est de faire émerger la problématique de la circulation entre savoirs médicaux et représentations visuelles sur la possession démoniaque à la Renaissance. La thèse se situe au croisement de l'histoire de la médecine et de l'histoire de l'art. La circulation des modèles par les artistes et les commanditaires participe à l'évolution de l'iconographie de la possession démoniaque ; la diffusion des théories et des pratiques médicales contribue à la connaissance de l'affection. Le ou la candidate mettra au profit la porosité des disciplines par l'étude des sources médicales et documentaires, et l'analyse des sources iconographiques. Ces compétences permettront de saisir la synergie entre les descriptions médicales et les images de la possession démoniaque. Une recherche à l'échelle européenne sera nécessaire pour comprendre les enjeux médicaux et artistiques dans leur lien avec les défis politiques, théologiques et philosophiques prenant place entre le XVe et le XVIIe siècle. Histoire de la médecine et histoire de l'art (XVe-XVIIe s.): intersection des disciplines au sujet de la possession démoniaque dans les sources sur la santé et les représentations iconographiques.
Approche interdisciplinaire et transdisciplinaire.

Le profil recherché

Double profil en histoire des sciences et de la médecine et en histoire de l'art, avec focus sur la période de la Renaissance (XVe-XVIIe s.). Maîtrise de la langue française de la Renaissance et de la paléographie française. Familiarité avec les livres antiques, la recherche dans les archives et les fonds anciens des bibliothèques. Capacité d'analyse iconographique ; recherche par catalogue et muséale. Connaissance des différents supports des arts iconographiques de la Renaissance.

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