Les missions du poste

Établissement : Université de Tours École doctorale : Sciences de la Société : Territoires, Economie, Droit - SSTED Laboratoire de recherche : CItés, TERritoires, Environnement et Sociétés Direction de la thèse : Roman STADNICKI ORCID 0000000330050482 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-05T23:59:59 Depuis les années 2000, l'art dans les principautés du Golfe connaît un essor culturel, marqué par l'émergence d'un marché dédié à Dubaï en 2005 et par le développement de structures culturelles transnationales ailleurs aux Émirats arabes unis qui se sont progressivement imposés comme un véritable lieu de gisement artistique. Cependant, le pays se trouve confronté depuis quelques semaines à un conflit régional, remettant en question l'image de havre de paix, qu'il s'était progressivement construit. Le contexte actuel invite dès lors à interroger les répercussions de ce bouleversement dans le champ culturel ainsi que les reconfigurations stratégiques qu'il est susceptible d'engendrer.
Ainsi, ce projet de thèse propose d'analyser les discours produits par des organismes culturels, tant publics que privés, en s'intéressant aux politiques de patrimonialisation déployées à cet effet ainsi qu'aux pratiques culturelles et spatiales qui en découlent. Les orientations adoptées par ces acteurs s'inscrivent dans une stratégie double, qui repose sur la diversification de leur économie et sur l'affirmation des Émirats arabes unis en tant que puissance régionale et internationale, ainsi que l'a également montré la thèse de Raphaël Le Magoariec à propos des investissements dans le sport, soutenue à l'université de Tours en 2024. Antérieurement aux grandes initiatives gouvernementales récentes à Abu Dhabi et Dubaï (ouverture frénétique de musées, multiplication des foires, création de quartiers d'artistes), des espaces culturels privés ont pris forme, notamment à Sharjah, la troisième ville des Émirats arabes unis, tels que la Biennale de Sharjah (1993), la Sharjah Art Foundation (2009) et la Barjeel Art Foundation (2010). Ils sont devenus des plateformes culturelles et artistiques majeures et des espaces de représentation pour les artistes originaires de la région, et constituent ainsi des vecteurs de diffusion artistique. Les soulèvements révolutionnaires de 2011 dans le monde arabe ont entraîné la migration d'artistes arabes et sud-asiatiques et servent de point d'entrée pour comprendre les politiques culturelles mises en oeuvre dans l'accueil de ces artistes. La présence de ces artistes illustre l'entrelacement des récits diasporiques dans un contexte multiculturel, se traduisant par le développement de partenariats institutionnels régionaux, notamment avec la création de l'Institut africain (2018) et de l'Institut asiatique (en cours). Certains d'entre eux trouvent refuge aux Émirats arabes unis, bénéficiant d'un soutien institutionnel et d'une visibilité sur la scène culturelle locale. Cependant, ces dispositifs semblent reposer sur des logiques de sélection et d'exclusion en intégrant dans ce processus principalement les artistes qui contribuent à la construction d'un narratif panarabe et/ou articulé aux dynamiques de coopération « Sud-Sud ». Derrière cette ouverture apparente se joue dès lors potentiellement la scénarisation d'un récit institutionnel particulier. L'enquête entend dès lors interroger ces tensions sous-jacentes à partir des questions suivantes : Comment les actions publiques et privées contribuent-elles à affirmer Sharjah, cité-État des Émirats arabes unis, sur la scène culturelle à la fois nationale, régionale et internationale et quel(s) rôle(s) les artistes originaires des 'Suds globaux' jouent-ils dans la mise en scène de ce récit institutionnel et dans le processus de patrimonialisation ? Ce projet de thèse sur les politiques et pratiques culturelles dans les villes du Golfe (cas des Émirats arabes unis) renforcera la dimension interdisciplinaire de l'UMR CITERES en croisant les démarches géographique et anthropologique et en alimentant les axes transversaux autour des études urbaines, des productions artistiques et des pratiques spatiales. Il constitue en outre une double priorité pour l'Equipe EMAM qui accueillera plus spécifiquement la candidate : celle de renforcer les travaux en cours sur les dynamiques de patrimonialisation dans le monde arabe et celle de consolider les recherches sur le Golfe arabo-persique vers lequel l'équipe cherche à s'ouvrir plus franchement. À ce titre, la codirection envisagée avec NYU Abu Dhabi, via le département Arab Crossroads Studies dont relève Laure Assaf, constitue une précieuse opportunité de coopération académique durable. Cette recherche reposera sur une méthodologie qualitative et ethnographique, combinant des entretiens semi-directifs auprès d'acteurs publics, privés et d'artistes ainsi que des observations participantes lors d'événements culturels majeurs. En outre, elle devra s'appuyer sur un corpus de sources textuelles et visuelles (des communiqués institutionnels, des rapports de stratégies culturelles, des plans d'urbanisation) et des supports curatoriaux (affiches, catalogues) qui rendront compte des stratégies patrimoniales déployées ainsi que le rôle joué par les artistes originaires des Suds globaux dans la construction de Sharjah comme centralité culturelle. À cela, une enquête de terrain à Sharjah et dans les autres villes des EAU d'un an est envisagée, répartie sur la durée de la thèse (2026-2029).

Le profil recherché

Politiste, géographe ou anthropologue de formation
Maîtrise du français, de l'anglais et de l'arabe
Expérience antérieure de la recherche et de l'enquête de terrain
Aisance à l'oral et à l'écrit
Connaissance du milieu français et international de la recherche académique

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