Thèse Mémoires Ouvrières de la Grande Guerre à Glasgow H/F - Doctorat.Gouv.Fr
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- Doctorat.Gouv.Fr
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Établissement : Université de Tours École doctorale : Humanités et Langues - H&L Laboratoire de recherche : Interactions Culturelles et Discursives Direction de la thèse : Tri TRAN ORCID 0000000223230429 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-07T23:59:59 Depuis plus d'un siècle, la mémoire de la Grande Guerre se construit et se reconstruit en fonction des histoires nationales et locales, transformant le passé en fonction du présent. Comme en France, cette mémoire reste vivace et intense au Royaume-Uni, portée par de multiples acteurs, politiques, académiques (centres for war studies d'universités), institutionnels (imperial war museums dans plusieurs villes), mais aussi individuels au niveau des cercles familiaux. L'historien ne peut se priver de la mémoire. La mémoire collective nourrie par les identités personnelles et familiales (Halbswach, 1925) est elle-même devenue un objet d'étude depuis les années 1980 (Nora, 1984 ; Prost, 1996 ; Winter, 2003).
Pour le domaine britannique, l'historiographie indique une abondance d'ouvrages essentiellement britanniques sur le quotidien des soldats, beaucoup moins sur la population pendant la guerre (Marwick, 1965 ; Gregory, 2008). En examinant le nombre d'études sur des localités et des régions, on constate très peu d'études sur l'Ecosse pendant la Grande Guerre tant au niveau des ouvrages historiques (Royle, 2006 ; Young, 2005) que des thèses universitaires, même au Royaume-Uni. Les quelques thèses françaises sur le Royaume-Uni pendant la Grande Guerre sont toutes comparatistes.
En lien avec l'axe 2 du laboratoire ICD (Inscription de l'individu et/ou du collectif dans l'espace politique et social), il semble pertinent de proposer maintenant une étude sur le quotidien des habitants de Glasgow, la ville industrielle et la principale métropole en Ecosse, afin de tenter d'une part de mesurer la part d'engagement de sa population (tant civile que militaire) dans cette guerre, et d'autre part de comprendre comment ses habitants font le récit de cette guerre depuis plus d'un siècle, leurs écrits personnels témoignant de stratégies propres de négociation des récits officiels et de la propagande de l'Etat, d'autant plus que le contexte social et politique d'avant guerre avait été fortement marqué par des mouvements sociaux d'émancipation et de contestation.
Notre étude s'intéressera à deux quartiers de Glasgow (Parkhead et Govan), choisis pour leurs activités industrielles de guerre et leurs populations ouvrières. Notre travail comprendra trois temps successifs : tout d'abord comment un récit national de la guerre a commencé à être élaboré par l'Etat pendant la guerre, par la propagande, la censure, puis comment il a été repris et contesté au niveau local par des voix dissonantes, politiques, syndicales et militantes. Puis dans une deuxième partie, nous étudierons les effets de la guerre sur le travail, l'identité ouvrière, le logement ouvrier, la famille ouvrière, grâce à des sources familiales, journalistiques, syndicales. Notre troisième partie sera logiquement consacrée aux formes matérielles et immatérielles de mémoire et de commémoration à l'échelle de ces quartiers et aussi plus largement de la ville, depuis 1918 (Prost, in Nora, 1984). Cette étude ambitionne de saisir comment la guerre a transformé des usages ordinaires dans le cercle familial et le cadre professionnel en enjeux publics, et comment la ville de Glasgow est parvenue à construire un récit fédérateur de la Grande Guerre, en intégrant les mémoires ouvrières dans celui-ci. Depuis plus d'un siècle, la mémoire de la Grande Guerre se construit et se reconstruit en fonction des histoires nationales et locales, transformant le passé en fonction du présent. Comme en France, cette mémoire reste vivace et intense au Royaume-Uni, portée par de multiples acteurs, politiques, académiques (centres for war studies d'universités), institutionnels (imperial war museums dans plusieurs villes), mais aussi individuels au niveau des cercles familiaux. L'historien ne peut se priver de la mémoire. La mémoire collective nourrie par les identités personnelles et familiales (Halbswach, 1925) est elle-même devenue un objet d'étude depuis les années 1980 (Nora, 1984 ; Prost, 1996 ; Winter, 2003).
Pour le domaine britannique, l'historiographie indique une abondance d'ouvrages essentiellement britanniques sur le quotidien des soldats, beaucoup moins sur la population pendant la guerre (Marwick, 1965 ; Gregory, 2008). En examinant le nombre d'études sur des localités et des régions, on constate très peu d'études sur l'Ecosse pendant la Grande Guerre tant au niveau des ouvrages historiques (Royle, 2006 ; Young, 2005) que des thèses universitaires, même au Royaume-Uni. Les quelques thèses françaises sur le Royaume-Uni pendant la Grande Guerre sont toutes comparatistes. réaliser une étude portant sur deux quartiers de Glasgow, afin de mesurer la part d'engagement de sa population (tant civile que militaire) dans cette guerre, et de comprendre comment ses habitants font le récit de cette guerre depuis plus d'un siècle, leurs écrits personnels témoignant de stratégies propres de négociation des récits officiels et de la propagande de l'Etat, d'autant plus que le contexte social et politique d'avant guerre avait été fortement marqué par des mouvements sociaux d'émancipation et de contestation.
Le profil recherché
-formation en histoire sociale et histoire culturelle;
-cursus angliciste suivi, notamment civilisation des pays anglophones